Le quartier dans la ville
L'effet tâche d'huile ainsi induit par la phase initiale atteste, s'il en était besoin, qu'un quartier n'est jamais un microcosme mais une réalité vivante et dynamique et que les habitants des quartiers défavorisés ne demandent qu'à s'investir dans l'amélioration de leurs cadres de vie. En devenant la capitale du Soudan français, en 19O4, Bamako a commencé à bénéficier (de 1908 à 1939) d'un noyau d'infrastructures et d'équipements dont l'hôpital du Point G, un grand dispensaire et l'institut Marchoux. De nombreuses écoles primaires furent également ouvertes.Ses multiples fonctions (commerciales, administratives, médicales, éducatives ) faisaient son attrait, tant pour les Européens que pour les Africains ; d'où l'appellation de " Perle des villes de l'Afrique Occidentale Française " que l'un des administrateurs -Maire- lui a donné dans un rapport en 1936. Cet élan fut ralenti à partir de 1939 par l'effort de guerre qui ne pouvait aller de pair avec les investissements urbains surtout dans les colonies. Bamako allait changer de visage avec le Gouverneur LOUVEAU (1946-1952) qui a marqué la ville de son empreinte grâce au Fonds d'Investissement pour le Développement Economique et Social (FIDES). De 8.734 habitants en 1915, la population de Bamako a atteint 130.000 personnes en 1960, au moment de l'accession du Mali à l'indépendance et à 189.000 en 1968, soit un taux d'accroissement annuel de 4,5%. Ce peuplement se traduit dans l'espace par la densification des quartiers existants et la naissance de nouveaux quartiers, lotis et spontanés. Les quartiers de Bamako qui étaient au nombre de 8 à la fin des années 50 ont atteint le chiffre de 69 à la fin des années 90. La ville aura grossi de 61.000 habitants sous le régime socialiste. Ce rythme n'est rien à côté de l'explosion démographique qu'elle allait enregistrer avec l'avènement du régime militaire. La population a augmenté de 230.239 habitants de 1968 à 1976 en raison, d'une part, de la liberté de circulation entre les campagnes et les villes que le régime socialiste avait limité et qui fut rétablie et, d'autre part, du fait de la précarité des conditions de vie en milieu rural qui fut exacerbée par la sécheresse qui a sévie de 1970 à 1973. Les autorités de la Deuxième République ont procédé à de nouveaux lotissements pendant que voyaient le jour d'autres quartiers dits spontanés qui échappent au contrôle des pouvoirs publics. En réalité, les facteurs de distorsion du développement économique urbain sont ceux-là mêmes qui, dans une large mesure, ont entravé l'industrialisation du Mali. Ils sont d'ordre géographique (enclavement), climatique (sécheresse) et économique (productivité agricole dépendante des aléas climatiques et axés sur l'exportation de quelques matières premières). Des choix politiques peu judicieux ainsi que la mauvaise gestion ont aggravé cette situation. Les mesures de redressement économique qui furent imposées au Mali, dans les années 80, ont contribué à la dégradation de l'état des villes et plus spécifiquement de Bamako. La situation allait encore une fois se détériorer davantage du fait de la sécheresse de 1985 mais aussi de l'effondrement du prix du coton, principale source de devises du pays en 1986. A la faveur de la dévaluation de 1994 les exportations du Mali ont contribué au redressement de la balance commerciale. Ce résultat est acquis au détriment du pouvoir d'achat des plus pauvres dont les ménages. Ils ont été particulièrement vulnérables, en tant que salariés, dépendants ou petits commerçants, des conséquences de la dévaluation ainsi que des restrictions budgétaires dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'eau et de l'assainissement. En résumé, l'état actuel de la ville de Bamako dont celui de Missira s'explique par une urbanisation mal maîtrisée en raison de :
Missira
qui abrite quelques 2.500 habitants et qui est situé en commune
II est l'un des 69 quartiers du District de Bamako. Il est limité
au Nord par la colline de Koulouba (au flanc duquel se situe le marché
de Médine), à l'Est par le Champs hippique, au Sud par
la route nationale de Koulikoro et à l'Ouest par le grand canal
d'évacuation des eaux usées. |